jeudi 27 août 2026 Édition quotidienne
ZawaJapon

Ce dont le Japon parle, en français

société · anime

La voix n’a pas de droit d’auteur — la loi qu’un seiyū japonais a choisie pour récupérer la sienne

En mai, le seiyū Kenjirō Tsuda a assigné l’exploitant de TikTok : premier procès japonais sur l’usage non autorisé d’une voix par IA générative. Mais le droit japonais ne connaît pas de « droit de la voix » ; il ne lui restait que la loi contre la concurrence déloyale et le droit de publicité. Et la raison pour laquelle ces outils fonctionnent constitue la différence décisive avec la France.

Un studio de doublage désert. Sur les pupitres, des scripts restés ouverts ; devant, des micros plantés à intervalles réguliers. Derrière la vitre du fond, la régie.
Devant les caisses d’un supermarché, en fin de journée. Des clients font la queue ; derrière le comptoir, un employé. Seul le côté employé se tient droit ; côté clients, chacun a sa posture.

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Le pays qui arrête ses clients par la loi — en octobre, le Japon oblige toutes les entreprises à se doter d’un dispositif anti-« kasuhara »

Le 1ᵉʳ octobre 2026, tout employeur japonais devra prendre des mesures contre les agissements abusifs des clients. Les directives citent, parmi les exemples d’infraction, « exiger un dogeza » — la prosternation d’excuse. Mais aussitôt après avoir défini le harcèlement, le gouvernement plante un garde-fou contre l’abus inverse.

Un stade de baseball en plein midi. La terre du champ intérieur luit, blanche ; les gradins du champ extérieur sont pleins, et l’ombre ne couvre qu’une partie des tribunes couvertes. Le ciel est presque blanc.

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Impossible de renoncer au plein été — à Kōshien, les mesures anti-chaleur ont marché. Si le débat continue, c’est une affaire d’argent

En juillet, la presse a prêté à un dirigeant de la Hanshin, propriétaire du stade de Kōshien, ces mots : « il est peut-être temps de rendre le baseball lycéen ». La compagnie a démenti le jour même. Les suspicions d’insolation chez les joueurs ont pourtant été divisées par deux, de 19 à 9. Si le déménagement n’avance pas, c’est que ce tournoi tient debout sur la gratuité.

Heure de pointe du matin. Sur la bande cyclable tracée au bord gauche d’une chaussée à deux voies, une quinzaine de vélos roulent en file. Aucun vélo du côté du trottoir.

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Le jour où les vélos ont quitté le trottoir — c’est l’État japonais qui les y avait fait monter, il y a cinquante-six ans

En avril, les amendes forfaitaires pour cyclistes sont entrées en vigueur : la part des vélos sur les trottoirs est passée de 41 % à 17 %. Or, en un mois, cinq verbalisations seulement pour circulation sur trottoir. C’est l’État qui avait fait monter les Japonais sur le trottoir — en reconnaissant lui-même au Parlement, dès l’époque, un « défaut proprement japonais ».

Devant les guichets d’une mairie d’arrondissement. Quelques personnes attendent assises, espacées, ticket numéroté en main. Sur le comptoir, un pupitre d’écriture et des casiers de formulaires.

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Mariés, un seul nom — la troisième voie du gouvernement japonais s’est fait démolir par les deux camps, et tout s’est arrêté

Le 13 mai, le gouvernement japonais a renoncé à déposer, à la session en cours, son projet de loi donnant force légale à l’usage du nom de naissance. Sept mois après avoir écrit dans l’accord de coalition « dépôt à la session ordinaire de 2026, adoption visée ». La dispute n’oppose plus partisans et adversaires des noms séparés : elle est devenue triangulaire, autour de la troisième voie du gouvernement.